Préhistoire : la coopération plutôt que la lutte.

15/12/2014 12:53

La coopération et l'entraide comme facteur d'évolution

 


De nouvelles découvertes scientifiques confirment l'intuition de Kropotkine sur la tendance ( naturelle ou culturelle, le départage entre ces deux options n'est pas encore établi ) des êtres humains à coopérer plutôt qu'à s'agresser. Depuis la fin du 19ème siècle les hommes de sciences et les économistes présentaient la société humaine depuis sa naissance comme une mêlée générale où les plus forts sortent vainqueurs, dans ce contexte, la nature guerrière des humains préhistoriques venaient apporter une confirmation à l'essence violente de l'humanité.

Dans son livre L'entraide, un facteur de l'évolution, le penseur anarchiste Pierre Kropotkine (1842-1921) proposait plutôt, une conception du progrès dans la nature et la société fondée sur l'entraide et la sociabilité, idée allant à contre-courant des conceptions dominantes.

Selon Robert W. Sussman, anthropologue à l'université de Washington à St Louis, cette idée longtemps soutenue que les premiers humains étaient des guerriers, tient plus à un postulat judéo-chrétien faisant de l'homme un être agressif et un mal en soi.

D'après Agustin Fuentes, chercheur à l'université de Notre Dame en Indiana, l'humanité a plus évolué en coopérant qu'en se battant.

Fuentes et d'autres chercheurs pensent que les humains étaient les proies de grands carnivores et n'ont survécu que grâce à la coopération entre eux, orientant les prédateurs vers d'autres proies plus faciles à attraper.

Sussman est le co-auteur d'un livre paru en 2005, « Man the Hunted: Primates, Predators, and Human Evolution». Dans ce livre Sussman and Donna L montrent que les humains ont d'abord évolué, non comme des chasseurs mais comme des proies. Le titre du livre fait référence à un symposium sur « l'homme chasseur » qui s'était déroulé en 1966 à l'Université de Chicago et à un livre du même titre paru en 1968.

Le colloque et le livre de 1968 présentaient alors ce qui apparaissait comme la pointe de la recherche, en particulier les thèses de Napoleon Chagnon, un anthropologue de l'université de Santa Barbara en Californie. Chagnon avait étudié la guerre chez les Yanomami et les Yanomamo des tribus du bassin de l'Amazone. Son livre s'était vendu à des millions d'exemplaires et était devenu un ouvrage de référence en anthropologie.

Cette année, Douglas Fry, un chercheur de l'Åbo Akademi University en Finlande et de l'University of Arizona à Tucson, publie un livre intitulé « The Human Potential for Peace » qui réfute certaines des affirmations de Chagnon.

Selon Fry , les études tendant à montrer que les humains se définissent par leur capacité à tuer sont fausses, il considère plutôt qu'ils se caractérisent par leur capacité dans la résolution paisible des conflits. Il contredit l'affirmation de Chagnon selon laquelle les hommes Yanomani qui étaient les meilleurs guerriers avaient aussi le plus d'enfants. Fry en réanalysant les données de Chagnon s'est aperçu que celui-ci n'avait pas pris en compte les différences d'âge et que ce n'étaient pas les meilleurs guerriers qui avaient le plus de succès reproductif mais les plus âgés.

Et plutôt que d'étudier les peuples « premiers » comme l'a fait Chagnon, Fry s'est tourné vers les restes fossiles. Il a constaté que nos ancêtres il y a 3 ou 4 millions d'années Australopithecus afarensis avaient de petites dents, manquaient d'outils et mesuraient un mètre.

Sans outil et avec leur taille, il est fort probable que nos ancêtres ont utilisé leurs capacités à s'échapper des prédateurs. A cet époque l'australopithèque a subi a peu près le même taux de prédation que les autres espèces de primates, d'après Fry ( à peu près 6% ).

Mais il y a deux millions d'années, un changement s'est produit, les taux de prédation des autres espèces ont soudainement monté, tandis que celui des humains diminuait.

Un autre groupe de primates avec des attributs humains le Paranthropus s'est éteint il y a un millions d'années alors que notre ancêtre Homo erectus prenait son expansion.

La coopération entre les australopithèques pourrait bien expliquer leur survie, hypothèse confirmée

dans un autre domaine par les recherches en neurologie darwinienne de James K. Rilling qui dirige le laboratoire de l'université d'Emory à Atlanta. Elles ont montré un lien potentiel entre l'acte de coopération et les centres de la récompense du cerveau.

Si les humains préhistoriques obtenaient une satisfaction instantanée en coopérant cela a pu faciliter la survie du groupe.

Voilà de nouveaux éléments qui apportent du grain à moudre à la vision de l'histoire, telle que se la représentent les anarchistes : l'entraide et la coopération comme facteur d'évolution. La violence et la guerre ne sont pas consubstanciels de l'espèce humaine, une autre organisation sociale basée sur la coopération a préexisté à l'ordre social fondé sur la hiérarchie et la lutte. La violence n'est que le moyen d'exercer un certain type de pouvoir.

Libertad

Origine https://endehors.org/news/10884.shtml

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